L’urologie est une spécialité chirurgicale qui s’intéresse aux troubles de l’appareil urinaire chez l’homme et la femme, ainsi qu’aux dysfonctionnements de l’appareil génital et reproducteur chez l’homme.

Que prend en charge un urologue ?

L’andrologie

  • la PMA (Procréation Médicale Assistée)
  • l’infertilité
  • les troubles de l’érection
  • la contraception masculine (vasectomie)
  • la maladie de Lapeyronie

La périnéologie

  • l’incontinence urinaire (« fuite d’urine »)
  • le prolapsus (« descente d’organe »)
  • les cystites à répétition

La maladie lithiasique

  • les calculs urinaires
  • les coliques néphrétiques

L’uropédiatrie

  • l’ectopie testiculaire
  • le phimosis
  • la torsion testiculaire
  • l’énurésie

Les troubles mictionnels de l’homme 

  • hypertrophie de la prostate

La cancérologie

  • le cancer de la prostate
  • le cancer de la vessie
  • le cancer du rein
  • le cancer du testicule
  • le cancer de la verge

La prostate :

Dans le domaine de l’urologie, chez l’homme de plus de 50 ans, la prostate peut devenir un silencieux ennemi.

Qu’est ce que la prostate ?

La prostate est une glande située entre la vessie, le sphincter urinaire et le nerf érecteur.

Deux types de maladies peuvent se développer dans la prostate : le cancer et l’adénome. Le cancer de la prostate est le premier cancer chez l’homme de plus de 50 ans. L’adénome de la prostate (augmentation du volume de la prostate) altère silencieusement les mictions (levers la nuit pour uriner, jet urinaire faible …), les érections puis la vessie (impériosités, calculs, infections) voire les reins (insuffisance rénale).

Les symptômes peuvent être dépistés précocement par votre médecin traitant.

Quelles sont les techniques chirurgicales pour soigner l’adénome ou le cancer de la prostate  au sein du groupe HPL ?

  • Le laser : un traitement efficace pour l’adénome de la prostate (à la clinique des 2 Caps)

L’utilisation du laser comme instrument a débuté en 1992 lors d’interventions de la prostate du chien.

En 1995, le Pr Gilling transpose la technique à l’homme. Il définit une procédure structurée en un temps de dissection au laser (lobe gauche, lobe droit, lobe médian) puis un temps de fragmentation (découpage des lobes afin de pouvoir les extraire par voie naturelle).

De 1998 à nos jours, les équipes anglaises et françaises (Pr Hao à Cambridge et Pr Baumert à Paris notamment) ont confirmé dans de nombreuses études la diminution du risque opératoire par rapport aux techniques conventionnelles.

Cette technique de traitement des pathologies de la prostate a largement démontré son efficacité et son caractère non invasif.

Le Laser HOLMIUM 100W permet le traitement de l’adénome de la prostate quel que soit sa taille. Le laser évite la chirurgie ouverte pour les grosses prostates et diminue les durées d’hospitalisation longues. La technique utilisée est l’HOLEP (Enucléation de l’Adénome par Laser Holmium Prostatique) avec un laser 100W.

Cette technique est supérieure à la résection et surtout elle diminue le risque de saignement ce qui permet une durée d’hospitalisation courte (ambulatoire).

Le laser HOLEP chez HPL 

La technique propre du laser Holmium est appliquée dans une centaine de centres en Angleterre et en Allemagne. Elle est diffusée en France grâce aux travaux du Groupe Laser Holmium français autour notamment des Pr Baumert (Paris), Robert (Bordeaux) et au Dr Fourmarier (Aix en Provence).

Le Groupe d’urologie de la Côte d’Opale est le premier en région Hauts de France à suivre ces pionniers.

Comment se déroule une séance de laser HOLEP ?

Le patient, pris en charge par l’urologue, arrive la veille ou le matin si la séance est prévue en ambulatoire. Il devra au préalable avoir bénéficié d’une consultation d’anesthésie avec un bilan pré-opératoire. Le traitement se fera sous anesthésie loco-régionale ou anesthésie totale.

Le traitement débute par un repérage des 3 lobes de l’adénome, des méats urinaires dans la vessie, du col vésical et de l’apex prostatique. Le premier temps sera celui de l’exérèse du lobe médian par deux incisions laser de part et d’autre, suivi d’une énucléation. Le lobe médian sera ensuite déposé dans la vessie. Le deuxième temps sera la dissection puis énucléation des lobes latéraux qui seront déposés dans la vessie. Le troisième temps sera celui de l’exérèse des lobes par fragmentation grâce au système de morcélation / aspiration. Les copaux seront envoyés pour analyse.

Profil des patients : à partir de 50 ans

  • Le Focal One : traitement focalisé du cancer de la prostate (à la clinique Anne d’Artois)

Le Focal One est un appareil qui permet de traiter par ultrasons focalisés de haute intensité, uniquement la zone atteinte. C’est une technique alternative à la chirurgie. Elle est moins invasive et permet de limiter les effets secondaires. Cette technique est utilisée dans le cas de petites tumeurs ou de patient récidiviste. « On agit par l’intermédiaire de cette machine en faisant des tirs d’une seconde pour détruire les cellules par une chaleur intense. » expliquent les Dr Olivier Decavel et Pascal Gilliot, urologues à la clinique Anne d’Artois

En outre, le principe est de cibler précisément la zone à traiter grâce à un système d’imagerie utilisant les IRM et les biopsies préalablement réalisées. Une fois la zone concernée ciblée, une sonde endo-rectale est introduite dans le rectum du patient et envoie des ultrasons de haute intensité. En un point précis, ces ultrasons vont augmenter progressivement la température jusqu’à destruction des cellules cancéreuses. « On intervient point par point sur la tumeur sous contrôle échographique en temps réel » soulignent les médecins.

« 80 % des hommes de 80 ans ont des cellules cancéreuses dans la prostate. Sans pour autant toujours développer un cancer » insistent les urologues tout en mettant l’accent sur son dépistage dès 50 ans par un simple dosage sanguin du PSA.

Quels sont les avantages de ce traitement ?

– Effets secondaires quasi nuls

– Traitement précis de la tumeur diagnostiquée

– Préservation de la qualité de vie du patient

– Le recours à toute option thérapeutique en cas d’évolution de la maladie (pas de perte de chance)

Profil des patients : 

Focal One peut être utilisé pour les patients porteurs d’un cancer localisé stade T1-T2, en fonction de leur âge et de leur état général, et en cas de récidive locale pour ceux en échec de traitements hormonaux ou de radiothérapie.

  • Le robot : traitement pour l’ablation radicale de la prostate ou prostatectomie

Pour en savoir plus sur l’ablation de la prostate, consultez notre page à ce sujet : chirurgie robotique

Focus sur le cancer des testicules et le cancer de la verge :

Existe-t-il un dépistage ?

Testicule :

Le cancer du testicule reste une tumeur rare de l’homme jeune, plus rarement de l’enfant et de l’adolescent, même si une augmentation de la fréquence est observée dans les pays occidentaux depuis quelques années, augmentation dont l’explication reste incertaine.

En France, moins de 3000 cas sont observés de façon annuelle ce qui rend le dépistage de masse au niveau d’une population inadéquat. Chez certains hommes en particulier, ceux guéris d’un cancer du testicule, le dépistage par auto palpation mensuelle du testicule sain restant est toutefois recommandé, toute modification de consistance, de sensibilité ou de volume du testicule devant motiver un avis spécialisé ou au minimum une échographie testiculaire.

👉 Une population particulière mérite également une attention accrue, les hommes qui présentent depuis leur naissance une petite taille d’un ou des deux testicules, ceux qui ont bénéficié d’une chirurgie pour ectopie dans l’enfance ou qui ont connu un problème d’infertilité en raison d’un sperme de mauvaise qualité, le risque de voir un jour apparaître un cancer étant chez eux accru. Les consignes d’auto palpation sont dans ce cas identiques.

Pénis (plutôt que verge, en anglais penile cancer) :

Le cancer du pénis en fait au départ est un cancer de la muqueuse balanique ou prépuciale touchant essentiellement l’homme âgé, exceptionnel avant 55-60 ans. Il est rare avec moins de 500 cas rapportés en France par an, le dépistage n’ayant ici pas d’indication. Il faut toutefois insister chez les hommes âgés sur toute anomalie de coloration au niveau du gland, toute irrégularité à ce niveau, tout écoulement anormal en particulier si un phimosis est présent ce qui rend le contrôle visuel impossible et la lésion impalpable.

👉 L’intérêt est dans la prévention qui se fait par la vaccination, actuellement recommandée depuis 2019 par la Haute Autorité de Santé en France, dans le but de réduire le risque de cancers induits pas le papillomavirus en particulier dans cette localisation chez l’homme mais surtout responsable chez la femme du cancer du col de l’utérus et dans les deux sexes de cancers ano-rectaux et oropharyngés.

 

Quels sont les symptômes ?

Testicule :

La douleur, une augmentation de taille imputables à un traumatisme, sont parfois évoquées mais c’est le plus souvent une simple irrégularité, repérée à la toilette qui motive la consultation. Le diagnostic est avant tout clinique, confirmé par l’image en échographie, toute anomalie au sein d’un testicule étant une tumeur jusqu’à preuve du contraire, le diagnostic de certitude étant alors porté par la chirurgie d’exérèse du testicule concerné. La biopsie préalable n’est dans ce cas pas indiquée. Il serait en effet tout comme pour le sein chez la femme tentant de réaliser une biopsie mais celle-ci présente un risque d’essaimage de cellules tumorales en modifiant les rapports anatomiques en particulier des premiers relais ganglionnaires en cas de métastase.

Pénis :

Les signes sont pauvres et fonction du degré d’hygiène et d’accessibilité visuelle à cette région anatomique. Un phimosis réduit ainsi les chances de diagnostic précoce.

 

Quels sont les traitements ?

Testicule :

Le diagnostic est porté par la chirurgie et l’étude microscopique de la lésion. L’intervention est dans tous les cas toujours effectuée après réalisation de marqueurs sanguins qui auront l’avantage par leur cinétique d’apprécier le risque de maladie métastatique. Cette étude histologique permettra de définir le type de cancer et ainsi le traitement le plus adapté. La décision sera toujours prise en réunion de concertation pluri disciplinaire. Le plus souvent la simple ablation du testicule suffit et si le dosage des marqueurs réalisé après l’intervention et le scanner thoraco abdomino pelvien est normal, une simple surveillance très stricte sera envisagée associant dosage et scanner de façon trimestrielle puis semestrielle et finalement annuelle pendant 5 ans, surtout si le patient se prête facilement à cette surveillance. Si la surveillance semble difficile, si certains facteurs de risque sont présents sur les résultats de l’étude microscopique de la tumeur, a fortiori si des métastases sont observées soit dès le départ soit lors de la surveillance rapprochée, un traitement par chimiothérapie parfois bref mais plus lourd sera envisagé, toujours après conservation du sperme auprès du CECOS, afin de préserver la fertilité. Ce n’est qu’en cas d’échec de cette chimiothérapie avec persistance de métastases qu’une chirurgie spécifique en fonction des localisations pourra être proposée.

 

Pénis :

Le traitement ne peut être proposé qu’après une biopsie toujours associée dans ce cas à une circoncision. Une fois la lésion confirmée, en fonction de sa taille et de la présence ou non de métastase qui de façon élective est recherchée au niveau des ganglions du pli inguinal, le traitement peut être soit par traitement local rarement crème cytotoxique le plus souvent par laser, par irradiation, celle-ci pouvant se faire par radiothérapie externe ou le plus souvent par curiethérapie, soit par chirurgie, les gestes chirurgicaux dans ce cas pouvant être simples mais parfois plus délabrants, l’urèthre devant ainsi être déplacé pour autoriser une miction dans de bonnes conditions de confort pour le patient. Les cas extrêmes peuvent bénéficier de chimiothérapie, des essais d’immunothérapie sur cette maladie étant actuellement en cours d’étude.

 

Quelle espérance de vie ?

Testicule :

Le cancer du testicule est aujourd’hui d’excellent pronostic même dans des cas graves, le caractère chimio sensible des cellules étant l’élément fondamental de ces résultats, la guérison allant de quasi 100% en cas de tumeur localisée à 80-90% pour des tumeurs appelées séminome même métastatiques, les plus mauvais résultats étant aujourd’hui observée pour des tumeurs dites non séminomateuses avec des survies de 60-70% à 5 ans. Les progrès de la chimiothérapie, la meilleure adaptation des protocoles sont depuis une vingtaine d’années responsables de ces excellents résultats qui font du cancer du testicule l’un des cancers de l’homme le mieux contrôlé et guéri.

Pénis :

Autant le pronostic pour les lésions débutantes est excellent avec guérison de 100% des lésions de type carcinome in situ, le premier degré de la maladie, il bascule très vite si la lésion est négligée avec une survie à 50% à 5 ans surtout impactée par un fort taux de récidive. L’apparition de métastases reste aujourd’hui de très mauvais pronostic en l’absence malheureusement de réponse le plus souvent à la chimiothérapie.

Propos recueillis par le Dr Gilliot, chirurgien urologue à la clinique Anne d’Artois.

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