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Cancer de la prostate. Mise au point à l’occasion de la 13ème Journée Européenne de la Prostate du 20 septembre 2017.

Clinique Anne d’Artois
Béthune

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Premier cancer en terme d’incidence en France, il entraîne le décès de près de 10 000 patients chaque année même si sa mortalité a nettement chuté depuis 20 ans.

Après une longue polémique sur l’intérêt et le bénéfice de son dépistage, une mise au point récente reprenant deux grandes études internationales (PLCO et ERSPC) confirme la réduction de la mortalité par cancer de la prostate grâce à ce dépistage, réduction estimée à 30% sur les dix dernières années.

Plus la prise en charge de la maladie est effectuée à un stade précoce, meilleures sont les chances de guérison et donc celles de prolonger l’espérance de survie, une fois le diagnostic porté.

En cette Journée Européenne de la Prostate, plusieurs points importants peuvent être rappelés.

  1. Il existe une diversité de cancers de la prostate, tous différents, ces différences étant surtout liées à l’activité des cellules cancéreuses qui sont apparues, leur rapidité de développement, leur agressivité et leur potentiel de migrer dans d’autres organes du corps humain. Cette diversité est aussi liée à l’individu chez lequel il survient, son âge, son état général et les possibles maladies chroniques qui peuvent éventuellement l’affaiblir ou rendre nocifs certains traitements. Le cas de l’un n’est donc pas le cas de l’autre, de son voisin, parent ou ami, ou encore d’un inconnu dans un forum ou sur un réseau social…
  2. Le médecin traitant, le radiologue, l’urologue, l’anatomopathologiste, l’oncologue et le radiothérapeute sont les premiers acteurs de la prise en charge du cancer de la prostate. Leur but commun est d’apporter la plus grande chance de guérison ou de prise en charge sans nuire à la qualité de vie physique mais aussi psychologique du patient et de ses proches concerné par la découverte de cette maladie. Une fois le diagnostic affirmé, les patients voient ainsi leur dossier discuté, tenant compte de ces différents paramètres, en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire. Ces réunions obligatoires et pluri-mensuelles font participer les différents intervenants afin de définir pour chaque patient un Plan Personnalisé de Soins conformément aux directives du Plan Cancer.
  3. Ce jour, le dosage du PSA, marqueur du tissu prostatique et non du cancer de la prostate, est la cheville ouvrière du dépistage à condition de savoir l’utiliser. En effet, ce cancer, à la différence d’autres problèmes prostatiques beaucoup plus bruyants (infection ou hypertrophie bénigne) est dans l’immense majorité des cas asymptomatique et encore guérissable. La consultation d’un urologue peut ainsi faciliter la prise en charge par le médecin traitant, parfois réticent à la réalisation de ce dosage. Des consignes de la Haute Autorité de Santé ont été en effet publiées il y a quelques années s’opposant à ces dosages systématiques. Les pays n’utilisant pas le PSA dans le dépistage ont toutefois des taux de cancer de la prostate d’emblée métastatique et non guérissable multiplié par 4 ou 5.
  4. Un dosage du PSA d’évolution douteuse ou supérieur à la norme reconnue, le toucher rectal et l’échographie sont aujourd’hui complétés par l’IRM qui a révolutionné depuis quelques années la vision du cancer. L’IRM permet de le visualiser avec précision, d’en connaître les limites voire d’en définir l’agressivité et surtout de guider les prélèvements par une biopsie qui seule permettra d’affirmer le diagnostic de cancer de prostate.
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  5. En fonction de l’âge du patient et de l’existence de maladies chroniques associées, de la valeur du PSA, des résultats de la biopsie, du bilan d’extension mais aussi du souhait du patient après une information la plus claire et la plus complète possible, la prise en charge est alors envisagée allant d’une simple surveillance « active » à la chirurgie en passant par la radiothérapie, les ultrasons de haute intensité ou différents traitements médicaux, cette décision étant prise de façon collégiale en Réunion de Concertation.
  6. La chirurgie consiste en l’ablation de la glande prostatique selon différentes modalités dont l’efficacité sur le plan cancérologique sont comparables, le risque de complications (trouble de la continence et dysfonction érectile) étant réduit essentiellement par l’expérience en la technique de l’opérateur, la pratique régulière de cette intervention et non par la technique opératoire utilisée (chirurgie ouverte, laparoscopique ou robotisée). Elle n’est que l’une des modalités de traitement visant à guérir le cancer de la prostate localisé, l’autre étant la radiothérapie, effectuée au Centre Pierre Curie de Beuvry.
  7. De plus en plus de situations de dépistage conduisent à une simple surveillance dite « active », avec contrôles trimestriels, certains cancers d’évolution lente ne nécessitant pas de traitement spécifique sous réserve du respect de critères précis dans cette surveillance. Près d’1/3 des patients actuellement connus comme porteurs de la maladie débutante sont ainsi non « traités » et bénéficient de cette simple surveillance.
  8. Certaines techniques dites focales comme les Ultrasons focalisés de haute intensité (FOCAL ONE), traitement disponible à la Clinique Anne d’Artois, autorisent dans des indications ciblées une prise en charge dénuée de pratiquement toute complication et suscitent un espoir important.
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  9. L’impossibilité de guérir d’un cancer de la prostate lorsqu’il est repéré tardivement autorise toutefois une survie le plus souvent prolongée plus de 10 à 15 ans, grâce à un traitement médical dont les progrès constants repoussent constamment l’évolution de la maladie.

La polyclinique de l’Artois avec ses urologues membres de l’Association Française d’Urologie, ses radiologues et un plateau technique IRM performant, ses anatomopathologistes attachés, ses psychologues et son personnel infirmier dédié dans le cadre du dispositif d’annonce et du suivi, en association avec le Centre Pierre Curie respecte la prise en charge individualisée adaptée au patient conformément au Plan Cancer défini par l’Institut National du Cancer et le Ministère de la Santé.

En résumé

Il est essentiel d’informer les patients sur la possibilité et l’intérêt à se faire dépister.

En l’absence de politique de dépistage systématique à l’échelle d’un Etat comme pour le cancer du sein ou du colon, cette information est essentielle et l’Association Française d’Urologie insiste plus que jamais sur l’utilisation, à partir de 50 ans (voire 45 ans si un cancer de la prostate a été repéré dans la fratrie ou chez un parent) et jusqu’à 75 ans, du dosage sanguin de PSA et de l’examen clinique. Le rôle de l’urologue est ensuite d’orienter la prise en charge en informant au mieux chaque patient sur les possibilités de faire le diagnostic et de prendre en charge un éventuel cancer de la prostate.

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